Archives de catégorie : Etudes sur les parachas

Étude des parachots NITSAVIM-VAYELEKH 24 Elloul

Pour le dernier chabbat de l’année, nous lisons cette semaine, conjointement, les parachot de Nitsavim et Vayelekh.

La première contient plusieurs principes
fondamentaux de la foi juive :

L’unité d’Israël :
« Vous vous tenez debout, vous tous, aujourd’hui, devant l’Éternel votre D… : vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, tout homme d’Israël, vos jeunes enfants, vos femmes et le converti qui est à l’intérieur de ton camp, depuis vos coupeurs de bois jusqu’à vos porteurs d’eau. »

La rédemption future : Moché évoque l’exil et la désolation de la Terre Promise qui résulteraient d’un abandon des lois de D… Mais il annonce aussi qu’à la fin « Tu retourneras vers l’Éternel ton D… Si tes dispersés étaient au bout des cieux, de là l’Éternel ton D… te rassemblera… Il t’amènera vers le pays dont avaient pris possession tes pères».

La proximité de la Torah :
« Cette loi que je t’ordonne aujourd’hui, elle n’est pas loin de toi… Elle n’est pas dans les cieux… Elle est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour l’accomplir. »

Le libre arbitre :
« Vois, J’ai placé devant toi aujourd’hui’hui la vie et le bien, la mort et le mal…, la bénédiction et la malédiction : et tu choisiras la vie. »

La paracha de Vayelekh est la plus courte de la Torah, elle retrace les événements survenus le dernier jour de la vie terrestre de Moché « Je suis âgé de 120 ans aujourd’hui » dit-il au peuple, « Je ne peux plus sortir et entrer ». Il transmet la direction du peuple à Josué et achève l’écriture du Sefer Torah sur un parchemin qu’il remet aux Lévi pour être gardé dans l’Arche de l’Alliance. Le commandement du Hakhel ( rassemblement ) est donné tous les sept ans, pendant la fête de Soukot suivant l’année sabbatique, chemita, le peuple d’Israël tout entier, hommes, femmes et enfants se rassemblent dans le Temple à Jérusalem où le Roi leur lira des passages de la Torah.
Vayelekh s’achève avec la prédiction que le peuple d’Israël se détournera de son alliance avec D… Alors, Il cachera Sa face. Mais une promesse suit aussi :  »les mots de la Torah ne seront pas oubliés de la bouche de sa descendance.. »

HAFTARA:

La Haftara de cette semaine (Isaïe 61, 10) s’ouvre par les mots :  »soss assiss »
« Réjouir, je me réjouirai », c’est-à-dire par la répétition d’un même mot dans la même phrase, procédé que l’on trouve souvent dans l’ensemble du Tanakh et qui sert à mettre l’accent sur une action ou sur une idée. On peut constater que ce procédé est fréquent dans les Haftarot qui constituent les  »chiva denehmata » (sept Haftarot de consolation ) lues entre le 9 av et Roch hachana:

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre D… (Isaïe 40, 1).
« Réveille-toi, réveille-toi… » (Isaïe 51, 9 et 17).
« Lève-toi, resplendis, car ta lumière est venue… (Isaïe 60, 1).
C’est moi, c’est moi qui vous console… ! (Isaïe 51, 12).
C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions… (Isaïe 43, 25).

Et dans notre Haftara:
« Réjouir, je me réjouirai en Hachem… » (Isaïe 61, 10). Ce recours à la répétition est expliqué comme suit par le Yalkout Chimoni Eikha:

Tous les châtiments infligés à Israël ont été doublés, ainsi que l’a écrit le prophète Jérémie (4, 20) : “Ruine sur ruine” se fait entendre, car tout le pays est dévasté…, et ainsi qu’il est écrit dans la Meguilat Eikha :  »Elle pleure, elle pleure pendant la nuit…  » (1, 2) ;  » Jérusalem a péché un péché (1, 8), »Mon œil, mon œil se fond en eau… » (1, 16), et ce doublement prend son origine dans le verset :  » Car mon peuple a fait deux maux : ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau  » (Jérémie 2, 13). Pour cette même raison, les consolations, elles aussi, seront doublées, à l’image de ce qu’il est advenu à Job lorsqu’il a recouvré ses biens : … et Hachem donna à Job le double de tout ce qu’il avait eu (Job, 42, 10), et ainsi que l’a annoncé Isaïe :  »Au lieu de votre honte vous aurez le double… » (Isaïe 61,7)

Chabbat chalom et
Chana tova à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude de la paracha Ki Tavo 17 Elloul

Moché enseigne au peuple : « Quand vous entrerez sur la terre que D… vous donne en héritage éternel, que vous vous y installerez et la cultiverez, vous apporterez les premiers fruits (bikourim) de vos vergers au Temple, et déclarerez votre gratitude pour tout ce que D… à fait pour vous».

La Paracha comprend aussi les lois relatives aux dîmes dues aux Levy et aux pauvres. Elle détaille les instructions et la manière de prononcer les bénédictions et malédictions du haut du Mont Guérizim et du Mont Eval évoquées au début de la Paracha de Reeh.

Moché rappelle au peuple qu’il est le peuple choisi par D… et que, réciproquement, ils a fait le choix de D… La dernière partie de Ki Tavo contient des paroles d’avertissement. Après avoir énuméré les bénédictions par lesquelles D… récompensera le peuple quand il accomplira les Commandements de la Torah, Moché rapporte longuement les terribles conséquences de leur abandon, maladie, famine, pauvreté, exil.

Moché conclut en déclarant qu’en ce jour, quarante ans après leur naissance en tant que peuple, les enfants d’Israël sont parvenus à avoir « un cœur pour savoir, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre ».

HAFTARA:

Cette 6ème haftara de consolation, extraite de Isaïe 60, 1, le premier verset se traduit généralement par : « Lève-toi, éclaire, car ta lumière est venue, et la gloire de Hachem rayonne sur toi.»
Que signifie dans le texte « ma lumière et ta lumière »? Les commentateurs traditionnels, comme Radak, Metsoudat David et Malbim , en font généralement un verbe à l’impératif « Eclaire ! Ori ! » comme notre traduction.

On peut cependant traduire par: « ma lumière, Ori ». Israël est comparé à une olive, ainsi qu’il est écrit : “ Hachem t’avait appelé olivier vert, beau de son fruit excellent ” (Jérémie 11, 16). Et D… est comparé à une lampe “ L’âme de l’homme est une lampe de D…” (Proverbes 20, 27). De même que l’on verse de l’huile dans la lampe pour produire de la lumière, de même le Saint béni-soit-Il a dit à Israël :  »Mes enfants ! Puisque Ma lumière est votre lumière, et que votre lumière est Ma lumière, allons ensemble donner de la lumière à Sion, ainsi qu’il est écrit : “Lève-toi, Ma lumière (celle de D… ), car ta lumière (celle d’Israël) est venue…”
En d’autres termes, la venue du Messie, symbolisée ici par une explosion de lumière, n’est pas seulement un processus d’origine divine, mais elle sera le résultat d’une interaction des deux lumières conjuguées du divin et de l’humain.

Chabbat Chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur la paracha KI TETSE 10 Elloul

Étude sur la paracha KI TETSE, 01 septembre / 10 Elloul, pour la guérison et le rétablissement complet de Hanna Raphaela bat Mazal.

Soixante quatorze des 613 commandements de la Torah sont contenus dans la Paracha de Ki Tetsé. Parmi lesquels, les lois relatives à la belle captive, au droit d’aînesse face à l’héritage, à l’enfant rebelle, à l’enterrement et la dignité des morts, à la préservation et à la restitution du bien perdu d’autrui, au nid d’oiseaux, l’obligation d’ériger une barrière protectrice sur le toit de sa maison…
Sont aussi mentionnés, la procédure d’instruction et la sanction de l’adultère, celles concernant le viol ou la séduction d’une jeune fille non mariée et d’un mari accusateur. La Paracha Ki Tetsé inclut encore les lois concernant la pureté du camp, l’interdiction de rendre à son maître l’esclave qui s’est enfui, le devoir de payer le travailleur à son heure et de permettre à quiconque travaille pour soi, homme ou bête, de consommer des produits qu’il récolte, la façon de traiter un débiteur et l’interdiction de percevoir des intérêts pour un prêt, les lois du divorce, desquelles dérivent de nombreuses lois du mariage, la procédure du yiboum ( lévirat ) d’une femme sans enfant épousant le frère de son défunt mari et celle de la halitsah, par laquelle cette obligation est levée, le devoir de laisser dans le champ la gerbe oubliée pendant la moisson, de ne pas récolter les jeunes raisins, ni tous les fruits de l’olivier afin que l’étranger, la veuve et l’orphelin puissent s’en saisir. Ki Tetsé s’achève par l’injonction de se souvenir « de ce que t’a fait Amalek sur le chemin, à votre sortie d’Égypte ».

HAFTARA:

S’il est vrai que les chiva denehmata, ces sept Haftarot qui sont récitées après le jeûne du 9av, sont généralement sans rapport avec les Parachot auxquelles elles sont associées, celle de la Paracha Ki tetsè, en seulement dix versets, offre de nombreuses analogies avec celle qu’elle accompagne. La plupart de ces analogies sont empruntées au domaine de la famille, abondamment traitées par la Paracha : Mariage avec la  »belle captive » et ses conséquences, calomnie par son mari de la femme mariée … Israël est comparé à une  »femme stérile qui n’a pas enfanté » (I saïe 54, 1), et à  »une épouse de la jeunesse qu’on a méprisée » (54, 6). Il est comparé également à une veuve :  »Car tu oublieras la honte de ta jeunesse, et tu ne te souviendras plus de l’opprobre de ton veuvage » (54, 6). De la même façon, tandis que la Paracha contient l’essentiel des règles du divorce (Devarim 24, 1), la Haftara, de son côté, rappelle que D… est le  »mari » du peuple d’Israël (54, 5), et elle annonce qu’après l’avoir  »un moment abandonné, Il le rassemblera avec de grandes compassions ».

Chabbat chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur la paracha CHOFTIM 03 Elloul

Moché enjoint le peuple de nommer des juges et des officiers de police dans chaque cité. « Justice, c’est la justice que tu poursuivras », commande-t-il et elle devra être rendue sans corruption ni favoritisme. Les crimes seront l’objet d’investigations méticuleuses et les preuves soigneusement examinées. Il faut qu’au moins deux témoins crédibles soient entendus pour qu’un suspect soit reconnu coupable et qu’une sanction puisse être prononcée. Dans chaque génération, dit Moché, certains se verront confier la charge d’interpréter et d’appliquer les lois de la Torah. « Selon la doctrine qu’ils t’enseigneront, selon la règle qu’ils t’indiqueront tu procéderas, ne t’écarte de ce qu’ils t’auront dit ni à droite ni à gauche».

La Paracha de Choftim contient aussi les interdits relatifs à l’idolâtrie et à la sorcellerie, les lois régissant la nomination et la conduite d’un roi, les règles présidant à la création des  »villes de refuge » destinées au meurtrier involontaire. Nombre de lois de la guerre sont aussi énoncées, l’exemption du jeune marié, de celui qui vient de construire sa maison, de planter une vigne ou qui est effrayé, l’obligation de proposer la paix avant d’attaquer une ville, l’interdiction de détruire y arbitrairement un élément de valeur, illustrée par la loi interdisant d’abattre un arbre fruitier en faisant le siège d’une ville « Car l’homme est un arbre des champs ».

La Paracha s’achève avec la loi de la « Eglah Aroufah », génisse à la nuque brisée, procédure qui doit être suivie lorsqu’un cadavre dont le meurtrier est inconnu, est trouvé dans un champ, soulignant ainsi que la responsabilité de la communauté est engagée non seulement au regard de ce qui est commis, mais aussi pour les actes qu’elle n’a pu empêcher.

HAFTARA:

Nous lisons ce chabbat la quatrième haftara de consolation qui annonce la reconstruction du temple. « Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de l’annonciateur, le héros de la paix, l’annonciateur de bonnes nouvelles, le héros du salut, celui qui dit à Sion : Ton D.. est roi ! » (Isaïe 51, 7). Pour expliquer ce verset, Malbim se réfère à un autre passage du livre d’Isaïe, que nous avons lu dans la Haftara de Vaethanan: « Sur une haute montagne, monte, toi, annonciatrice de Sion, élève avec force ta voix, annonciatrice de Jérusalem, élève, ne frémis pas, dis aux villes de Juda : »Voici votre Dieu ! » (40, 9). L’annonciateur de bonnes nouvelles, pour être mieux entendu, commencera par se poster au sommet d’une montagne. Son premier message sera celui de la paix, de celle que l’on conclura avec l’ennemi. Puis il annoncera, ce bien suprême que sera la construction du Sanctuaire et la restauration de la dynastie de David « quand Hachem retournera à Sion » (51, 8). Il nous fera ensuite l’annonce du salut, du rassemblement des exilés auquel fait allusion le verset 9. Et enfin « il dira à Sion : »Ton Dieu est roi ! » ,préfigurant ainsi la révélation du règne divin sur toute la terre et auprès de tous les peuples, lorsque  «Hachem mettra à nu le bras de Sa sainteté aux yeux de toutes les nations, et tous les bouts de la terre verront le salut de notre Dieu » (51, 10).

Chabbat chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur la paracha REEH 26 Av

«Vois», dit Moïse au peuple, «je présente devant vous aujourd’hui, la bénédiction et la malédiction»: la bénédiction en cas d’accomplissement des commandements et le contraire si ce n’est pas le cas. L’une sera proclamée sur le Mont Guerizim et l’autre sur le Mont Eval, quand le peuple aura traversé le Jourdain. Le Temple devra être établi «au lieu que D… choisira pour y faire demeurer Son nom».

Le peuple y apportera ses sacrifices, nulle part ailleurs on ne pourra apporter d’offrandes à D… . Il est permis d’abattre, en dehors de ce lieu, des animaux, simplement pour en consommer la viande. Le sang, cependant, (qui est versé sur l’autel dans le Temple) ne doit jamais être consommé.

Un faux prophète ou celui qui entraîne son prochain à servir les idoles doit être condamné, une cité idolâtre doit être détruite.

Les signes qui permettent d’identifier les poissons et les animaux cachers, ainsi que la liste des oiseaux non cachers sont répétés dans notre Paracha, cela avait déjà été mentionné au chapitre 11 du Lévitique.

Un dixième de toutes les productions devra être consommé à Jérusalem ou bien être vendu pour acheter des nourriture là-bas et les y manger. Certaines années, cette dîme est donnée aux pauvres. Les premiers nés du gros et menu bétail doivent être offerts dans le Temple et leur chair est consommée par le Cohen.
La Mitsva de charité oblige le Juif à soutenir son prochain nécessiteux par un don ou un prêt. L’année sabbatique terre en jachère, chémita) intervient tous les sept ans, à cette occasion, toutes les dettes doivent être abandonnées. La Paracha s’achève avec les lois régissant les trois fêtes de pèlerinage, Pessah, Chavouot et Soukot, durant lesquelles chacun doit venir pour « voir et être vu » devant D… au Temple.

HAFTARA:

La Haftara Reeh, troisième haftara de  »consolation », contient un verset que nous récitons quotidiennement dans nos synagogues : « Tous tes fils seront disciples de Hachem et grande sera la paix de tes fils” (Isaïe 54, 13). Nos sages interprètent: Ne lis pas:  »tes fils » ( banayikh )  mais :  »tes constructeurs'( bonayikh) ( Berakhot 6-4 a )

Le Yalkout Chimoni explique ce verset, de la façon suivante : La Torah , telle qu’elle est enseignée en ce monde-ci, est de nature à être oubliée, car elle a été donnée à Moché, un être fait de chair et de sang. Et de même qu’un être fait de chair et de sang est destiné à être oublié, de même en est-il de son enseignement, mais un jour viendra où les enfants d’Israël l’apprendront du Saint béni-soit-Il Lui-même, ainsi qu’il est écrit : « Et tous tes fils seront disciples de Hachem », et : « Ils n’enseigneront plus chacun son prochain, et chacun son frère… » (Jérémie 31, 33). De même que D… est éternel, ainsi sera éternel, le savoir de ceux qui l’auront acquis de Lui, comme il est écrit : « Et la maison de Jacob possédera ses possessions » (Ovadia 1, 17), et le mot  »possessions » ne désigne rien d’autre que la Torah, comme il est écrit : « Moïse nous a ordonné la Torah, possession de la communauté de Jacob » (Devarim 33, 4).

Rappel : Roch hodech Elloul : Mardi et mercredi prochain.

Chabbat chalom et hodech tov à tous.

Rabbin Ariel BENDVID

Étude sur la paracha EKEV 19 Av

Dans la paracha de Ekev, Moché poursuit ses recommandations avant de quitter ce monde, il promet aux enfants d’Israël que, s’ils accomplissent les commandements de la Torah, ils connaîtront la prospérité sur la terre dont ils s’apprêtent à prendre possession, conformément au serment fait par D… à leurs ancêtres.

Il rappelle aussi les manquements commis par la première génération du désert : le veau d’or, la rébellion de Korah, la faute des explorateurs, leurs accès de colère contre D… à Taveirah, Massah et Kivrot Hataavah : « Vous vous êtes rebellés contre D… depuis le jour où je vous ai connus », leur dit-il, mais il souligne aussi la bienveillance divine, le pardon des fautes et les secondes Tables de la Loi données après leur repentance.

Les 40 années passées dans le désert, ajoute-t-il, des années pendant lesquelles chacun fut nourri par la « manne » venue du ciel, leur ont enseigné que « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais l’homme vit par la parole émise de la bouche de D… ».

Moché décrit la terre d’Israël comme un pays « ruisselant de lait et de miel », béni par les  » sept espèces  » qui caractérisent cette terre, (le blé, l’orge, la vigne, la figue, la grenade, l’huile d’olive et la datte), le lieu où s’exerce, par excellence, la Providence divine. Il commande au peuple de détruire les idoles des anciens maîtres de la terre et de ne pas se laisser gagner par un sentiment d’arrogance qui lui ferait croire que « ma puissance et la force de mes mains m’ont apporté cette richesse ».

Un passage essentiel de la paracha est constitué par le second paragraphe de la prière du Chéma qui reprend les commandements contenus dans le premier en les assortissant des bénédictions liées à leur accomplissement et des conséquences négatives résultant de leur négligence.

HAFTARA:

La haftara Ekev, deuxième des « chiva dénehamata », les sept haftarot de consolation qui suivent ticha béav, comporte un verset qui mérite de retenir notre attention particulière : « Ainsi a parlé Hachem : Où est la lettre de divorce de votre mère (Jérusalem) que Je lui aurais envoyée ? Qui est celui de Mes créanciers auquel Je vous aurais vendus (ennemis) ? Voici, vous vous êtes vendus par vos iniquités, et c’est à cause de vos transgressions que votre mère a été répudiée » (Isaïe 50, 1). Ce verset, qui se présente sous la forme interrogative à des fins exclamatives, affirme l’indissolubilité du lien entre D… et la communauté d’Israël. Isaïe évoque le sort des Judéens, qui allaient réapparaître de leur exil après soixante-dix ans. Le prophète se préoccupe, d’inciter ses auditeurs au repentir et a prophétisé sur la techouva de l’ensemble des enfants d’Israël .

Notre texte se termine par la promesse de D… de reconstruire Jerusalem :

 »Ainsi l’Éternel aura pitié de Sion, Il a pitié de toutes ses ruines; Il rendra son désert semblable à un Éden et sa terre aride à un jardin de l’Éternel. La joie et l’allégresse se retrouveront au milieu d’elle, Les actions de grâces et le chant des cantiques seront retablis ».

COMMANDEMENTS DE LA PARACHA: 6 commandements positifs et 2 interdictions.

428. Bénédiction après le repas.
429. Le devoir d’aimer l’étrangers.
430. Le devoir de craindre l’Eternel.
431. La prière.
432. Rechercher la compagnie des sages et s’attacher à eux.
433. Prêter serment en invoquant l’Eternel.
434. Interdiction de profiter des ornements d’une idole.
435. Interdiction de s’approprier tout objet en rapport avec l’idolâtrie.

Chabbat chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur la paracha VAETHANANE 12 Av

Moché relate au peuple comment il a imploré D… afin qu’il lui soit permis d’entrer sur la terre d’Israël. Mais D… lui a opposé un refus, lui commandant de gravir une montagne pour apercevoir, de son sommet, la terre promise.

Poursuivant sa « répétition de la Torah », Moïse fait le rappel de l’exode d’Égypte et du don de la Torah : des événements sans aucun précédent dans l’histoire de l’humanité. Car « un peuple a-t-il jamais entendu la voix de D… parlant au milieu du feu, comme toi tu as entendu… et a survécu ?… A toi, il t’a été montré, pour savoir que l’Éternel est D… Qu’il n’existe pas d’autre que Lui ».

Moché prédit cependant qu’au cours des générations futures, le peuple s’éloignera de D…, qu’il servira des idoles et sera exilé de sa terre, dispersé parmi les nations. Alors, il cherchera D… et reviendra au respect de ses commandements.

La Paracha Vaethanane contient aussi la répétition des Dix Commandements et les versets du Chéma qui expriment le fondement de la foi juive : l’unicité de D…  et cela, avant l’amour de D…, l’étude de Sa Torah, le port des téfilines et la pose d’une mézouza aux portes de nos habitations.

HAFTARA:

Avec cette Haftara débute une série de textes, dits de consolation, après Ticha beav et qui nous mèneront jusque Roch- hachana.
Ces textes qui seront lus durant les semaines à venir, nous donneront une vision radieuse d’un avenir meilleur pour le peuple d’Israël.

Le doublement du terme   »nahamou » ( consolez ) au début de la haftara a été diversement interprété. Selon le Midrach ( Eikha rabba 1, 56), de même que  »Jérusalem a doublement péché » ( Eikha 1, 8), et  »qu’elle a reçu de la main de D… le double pour tous ses péchés » (Isaïe 40, 2), de même sera-t-elle un jour doublement consolée ( »Consolez, consolez Mon peuple »). De la même façon, tandis que  » la main de D… a fondé la terre  » (Isaïe 48, 13), cette main au singulier deviendra  »ses mains », au pluriel, lorsqu’elles érigeront, de nouveau, le Sanctuaire. Ce sera lorsque Hachem  régnera à tout jamais  » , aux temps futurs, quand la royauté sera toute à Lui.   Une autre façon de comprendre ce doublement nous est proposé par le Malbim. Nous savons que notre libération interviendra selon l’une ou l’autre de ces deux échéances : Que nous en soyons dignes ou que nous ne le soyons pas (Isaïe 60, 22). Voilà pourquoi le texte emploie deux fois le mot  »nahamou » : Nous serons consolés que nous méritions de l’être ou que nous ne le méritions pas.

Chabbat chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur la paracha DEVARIM, « Chabbat Hazon » 05 Av

Nous lisons cette semaine la première Paracha du dernier livre de la Torah, Devarim, appelé aussi « Michné Torah », répétition de la Torah et de fait, il en est bien ainsi.

Ce livre fut  »prononcé » par Moché lui-même, par l’esprit saint qui se révélait en lui, à la génération qui allait entrer en terre sainte. Il ne fait pas qu’énoncer des enseignements nouveaux, il reprend surtout des sujets déjà évoqués dans les quatre livres précédents, il les explique aux personnes qui vont entrer dans le pays que D… leur a promis. La Paracha de Devarim est toujours lue le chabbat qui précède le 9 Av, que l’on nomme « Chabbat Hazon », le chabbat de la vision, celle du troisième temple, du fond de notre exil.

Avant de quitter ce monde, Moché entame sa répétition de la Torah devant les enfants d’Israël rassemblés. Il retrace les événements survenus et évoque les lois reçues au cours du voyage de quarante années depuis l’Égypte jusqu’au Sinaï et de là, vers la terre promise. Il réprimande les Enfants d’Israël pour leurs fautes et leurs iniquités et les engage à rester attachés à la Torah et à en observer les commandements sur la terre que D… leur donne en héritage pour l’éternité et dans laquelle ils vont entrer après sa mort.

Enfin, Moché s’adresse à son successeur, Josué, qui va faire entrer le peuple en Israël et mener les batailles pour sa conquête: « Ne les craint pas, car l’Éternel votre D… c’est Lui qui combattra avec vous ».

 

HAFTARA:

Nous lisons cette semaine la troisième Haftara, dite de réprimandes, en relation avec les trois semaines de deuil que nous observons entre le jeûne du 17 Tamouz et celui du 9 Av.

Ce Chabbat qui précède le neuf Av porte le nom de « Chabbat Hazon », premier mot de notre Haftara. Nous lisons le premier chapitre d’Isaïe qui a vécu bien avant la destruction du Temple. Son esprit prophétique lui a cependant permis de décrire l’existence et la destinée d’Israël, sa position au milieu de l’humanité, la grandeur de ses devoirs et la profondeur de sa chute. En rappelant annuellement cet événement tragique de notre histoire, le Juif est invité à réfléchir aux causes de la destruction du Temple, elles se ramènent toutes à la désobéissance aux lois de la Torah. Cette révolte permanente d’Israël contre D… ne consiste pas dans l’absence de sacrifices, de prières ou dans la non célébration des solennités religieuses, comme le dit Isaïe (1 1-15). Il s’agit bien plus du rôle moral et spirituel que nous inspire la Torah, et que nous refusons trop souvent d’assumer.

La Haftara se termine par une promesse de D…, de laver Israël de toutes ses impuretés afin de rétablir Jérusalem dans toute sa grandeur.

Chabbat Chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur les paracha MATTOT-MASSEI 27 Tamouz

Rappel : Roch hodech Av, lundi 24 juillet.

Nous lisons ce Chabbat, deux parachot, Mattot et Massei, les deux dernières du livre de Bamidbar. Dans Mattot, Moché parle aux chefs des tribus et leur fait part de l’ordonnance divine quant au respect des vœux. Les enfants d’Israël partent en guerre contre les Midianites, alliés des Moabites et conquièrent leurs terres. Constatant que ces terres, situées de l’autre côté du Jourdain, sont fertiles et riches en bétail, les tribus de Réouven et de Gad rejointes ensuite par la moitié de la tribu de Ménaché demandent que leur part de la Terre Promise leur soit attribuée à l’est du Jourdain, s’agissant d’un pâturage de choix pour leurs troupeaux. Moché,  irrité par cette demande, l’accepte sous la condition que ces tribus participent et mènent d’abord à la conquête des terres à l’ouest du Jourdain.

Dans la Paracha Massei, les quarante-deux étapes des enfants d’Israël depuis la sortie d’Égypte sont énumérées, depuis l’exode d’Égypte jusqu’aux plaines de Moav, sur le versant du fleuve faisant face à la terre de Canaan. Les frontières de la Terre Promise sont indiquées ainsi que les villes de refuge qui serviront de lieu de protection et d’exil aux meurtriers involontaires.

HAFTARA:

Nous lisons cette semaine, la deuxième Haftara, dite, de réprimandes, en relation avec les trois semaines entre le jeûne du 17 Tamouz et celui du 9 Av.

Cette Haftara que l’on récite en cas de jumelage de Mattot et de Massei, est tirée du deuxième chapitre du livre de Jérémie, elle relate les reproches virulents adressés par D… à la communauté d’Israël, tenue pour coupable, malgré les bienfaits dont il l’a comblé, de se complaire dans une ignorance totale de Son existence et dans une rébellion de tous les instants contre Son autorité. Ces reproches s’adressent à toutes les classes de la société, y compris ses élites, dirigeants politiques et prophètes.

Cependant, à la fin de cette diatribe, la Haftara se termine sur un ton adouci et consolant.

 » Si tu reviens, Israël et si tu ôtes tes abominations de devant Moi, tu ne seras plus errant… »

Rachi commente: « Si tu te livres à une téchouva complète, tu seras préservé de l’exil. »

Chabbat chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID

Étude sur la paracha PINHAS 20 Tamouz

Le petit-fils d’Aharon, Pinhas, est récompensé du zèle exprimé lorsqu’il vengea l’honneur de D… en éliminant Zimri, prince de la tribu de Chimon, et la princesse midianite, Kozbi qui s’étaient unis ouvertement et scandaleusement. D… lui accorde une alliance de paix et le sacerdoce pour lui et sa postérité. Un recensement du peuple aboutit au compte de 601 730 hommes âgés de vingt à soixante ans. Moché apprend de D… que la terre doit être distribuée par tirage au sort aux tribus et aux familles d’Israël. Les filles de Tselofhad réclament à Moché de recevoir le territoire revenant à leur père, disparu sans laisser de fils. Leur requête est agréée par D… et intégrée aux lois que la Torah édicte en matière d’héritage. D… annonce à Moché qu’il va rejoindre ses pères, selon les ordres reçus, il désigne Josué en présence de toute la communauté, il est publiquement intronisé comme successeur de Moché. La paracha se termine par la liste détaillée des offrandes quotidiennes et des offrandes additionnelles du Chabbat, de Roch Hodech et des fêtes de Pessah, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Soukot et Chemini Atseret.

HAFTARA:

Nous lisons cette semaine la première des trois Haftarot, dites de réprimandes. Elles sont en relation avec les trois semaines de deuil que nous observons entre le jeûne du 17 Tamouz et celui du 9 Av. Pour cette raison, les maîtres de la tradition ont choisi pour cette semaine un texte tiré du premier chapitre du prophète Jerémie relatif à la vocation du prophète. Par définition, celui-ci a un rôle important à exercer, puisqu’il lui appartient de réprimander le peuple en cas de nécessité et lui rappeler sans cesse l’enseignement de la Torah et de toute la tradition orale. C’est bien ce que pratiquait déjà Moché, le plus grand des prophètes, lorsqu’il admonestait le peuple d’Israël durant les quarante années de son séjour dans le désert. Notre Haftara nous décrit l’investiture de Jeremie qui doute de ses capacités, vu son jeune âge, il n’a pas le choix quand D… lui confie la mission d’être prophète et de porter son enseignement au peuple d’Israël, dans la période trouble que constituait l’approche de la destruction du Temple et de la dispersion vers l’exil de Babylonie. C’est donc contre son gré qu’il acceptera la mission qui lui est confiée. Au moment où nous ressentons avec plus d’angoisse que d’habitude, le vide que nous laisse la destruction du Temple, avec toutes les persécutions qui en ont résulté par la suite , le prophète vient nous rassurer. Il nous promet le constant soutien de D… mais nous devons le mériter. La période de ces trois semaines est donc propice à un retour vers D…, un examen de nos erreurs comme celles qu’ont sans cesse dénoncées nos prophètes.

Chabbat chalom à tous.

Rabbin Ariel BENDAVID